Exposition à la Salamandre
Nîmes Juin 2003
Photothèque Atelier N89 - Didier LECLERC - Denis Lanoy :
Biographie subjective de Denis LANOY, metteur en scène
Tryptik Théâtre

PROTOCOLE :
Construction autour de la notion de biographie :
- Denis Lanoy, metteur en scène,
- Didier Leclerc, photographe,

Titres :
- "Denis Lanoy : naissance d'une biographie subjective"
- ou encore : "Des mots et des images utilisés à propos d'une biographie biaisée de Denis Lanoy."
- ou encore " Regarder et prendre la vie par les deux bouts, tentatives d'une biographie partielle et partiale de Denis Lanoy. "

Le projet :
· Avant : dans la mouvance des désirs naissant, quelques apparitions de textes et de portraits. Où il est déjà question d ' "Etre-là" !
· Pendant : une écriture quotidienne de l'auteur ; des images tous les 28 jours pendant 9 mois du photographe ; des balises pour l'"Etre-là".
· "Etre-là" : de tous les possibles envisageables !

Nous vous donnons rendez-vous sur le site pour
- la première parution : le 28 janvier 2001,
- la deuxième parution : le 25 février 2001,
- la troisième parution : le 25 mars 2001,
- la quatrième parution : le 22 avril 2001,
- la cinquième parution : le 20 mai 2001,
- la sixième parution : le 19 juin 2001,
- la septième parution : le 17 juillet 2001,
- la huitième parution : le 14 août 2001,
- la neuvième parution le 11 septembre 2001 à H-1 et à H +1 : " Etre-là " !

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biographie de Denis Lanoy : denis et lanoy

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J'entame avec contrariété du dire tout avec exactitude, de trouver situation au temps qui tempe.
A l'initial me fonde une à peine forme désovée jamais embouchée au mater-tétin.

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Je ne veux recevoir aucune leçon de vie U.S.ée. La raison : m'a n'année de naître mille neuf cent soixante quatre est celle de l'abolition légale du syste d'apartheid aux U.S. Ca fait un peu trop de temps, un peu trop court pour m'oublier cette honte d'avoir l'âge de la fin juridique d'esclavage et me donner instruction de présomptueuse idéologie.
(Pourtant, j'ai idéé l'Amérique, à cinq ans, des premiers pas enlunés d'Armstrong.)

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Sensitifs et sentinelles, souvenirs éreintés, ces nostalgies sont un très bon moyen de se colleter aux acides présents. Exemplaire : le métropolitain (Régie Autonome des Transports Parisiens, têtes de chien) rouge et vert aux banquettes boisées.

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Je déteste l'amnésie l'aphasie l'apraxie l'agnosie pertes et trous de mémoire et souvenances négligées. [Je veux me souvenir de tout]. Si je suis au monde que ça en vaille la peine et que tout soit réminiscence à faire rougir Baudelaire : "nous nous souvîmmes de n'avoir regardé qu'imparfaitement". (AH L'INCONGRU DE L'IMPARFAIT).

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PLLLL. GLL. GLL. GLL.
MMMMMMMMMMMMMM (ici reprendre inspiration) MMMMMMMMMM.
MMMettre la tête sous l'eau. Peux pas. MMNe peux pas.
Crainte (respect plus que peur) de l'immersion. Même pour se shampoigner.
Bain, baignoire remplie, tête à l'émergé.
Cette épouvante s'élucide, enfant de marins des eaux douces, j'ai inculqué -- mais me disculpe-t-elle cette explication --- l'effroi de l'eau profonde. [ J'avais à peine dix ans que j'ai connu la noiade --- foirade --- d'un enfant de quatre. ]

biographie de Denis Lanoy :  toile étoiles

biographie de Denis Lanoy : 1 demi-denis

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Pompe à tempo tape trop vite. Trop vite dit-elle, la médecin. Cent, c'est trop. Ouais, ça s'usure sec à cause de
rage du réel et régime cigarettes cafés. [Des clous qu'j'veux pas d'un clone narcisse pour réparer refaire tout ça !].

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Dans l'euphorie occidentée des sixties seventies, j'ai dû, sans savoir, en quantité, en bouffer, de la saloperie prototype trucmuche prion, E.S.B., vMCJ. [Il paraît : les premiers symptômes sont toujours psychiatriques]

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Tas de graviers, gravillons, sables.
[Pas d'obligation à expliquer l'évoqué, l'évidé, d'un souvenir revenu et devenu des mots. (N'est-ce le propre du souvenir ?)].

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Nuits omnivorées à venir, goulues insomnies, avec obstiné refus remédier somnifère.
(Sommeil : insupporté, arraché, mi-temps de vie, repus du cloaque du jour, soupe de vomis, grande vénerie dont je suis le gibier galopant, épinglé, essoufflé, assoiffé).

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Des ongles mangeaille rongeaille bouffaille depuis que j'ai des souvenirs, anthropophagie (auto-), jusqu'aux racines, contact des peaux. M'a déshonté que celle --- que je nomme (L) que comptée la quatrième lettre pour qu'il n'y ait méprise de la lectrice --- m'a confidencé la douceur de mes doigts sur et en son corps.

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En douce. Toute la vie pré-texte à fictionner. Néant, ou peu, d'invention (ne s'y fier que prudemment, avec des pincettes).

Amas, collecte, collection de matériaux.

[ La presse n'en a pas parlé. Berlin, 1943. Pendant les bombardements aériens, une jeune femme, brune, a été retrouvée, errante dans la rue en ruines, une valise à la main, dans laquelle elle avait dissimulé son bien le plus précieux, son seul bien, son bébé mort ].

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Taire ou faire cet aveu à la question souvent posée, pourquoi artiste, qu'à telle proportion d'incommodité, j'ai voulu être un chaque un qui épuise le présent.

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Mes chambres. Tout d'abord, fer, et puis bois qui craque et effraie, et puis grand dortoir avex x lits drapés blanc et prières balbutiées, jamais apprises, et puis sous le toît, mini dortoir avec leucémique adolescent agonisant le lit d'à-côté droit, et puis divan ouvert chaque soir, chat noir, chat blanc, primes émois, et puis chien en rut qui fait rire la patrone, et puis premier étage petit pavillon, vitre cassée, et puis femme très bête, adultère, cul en feu, et puis appartement ville nouvelle, et puis maison même ville nouvelle, premier baiser, et puis chez mémère pépère, et corps de ce dernier, premier mort, et puis à nouveau bois qui craque mais n'effraie plus, et puis contact avec le midi, expérience d'alcool extrême, et puis où j'ai voulu devenir, lit de fer forgé, moulures XIX, et initial corps pénétré, et puis enfin seul, chez soi, à l'âge d'être encore chez mamanpapa, et puis gourbis moqueté des études, et puis commencement, matelas à même le sol, chambre partagée, concubine, et puis là où je suis, donnant sur la cour, et puis là où je suis, donnant sur la rue, pilles de livres lus et à lire, la première emménagée pour l'enfant, la concubine envolée, et puis et puis à venir, imaginée, pour celle qui est tout mes instants, supplantant et supportant toutes chambres d'auparavant (commencée dans celle d'ici).

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Dicton dit-on à conduite édictée. ( A l'impossible nul n'est tenu) !!!
Je prédilecte à : AU POSSIBLE NUL N'EST TENU.

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Des dizaines de métiers, rêvés, imaginés, envisagés, joués, listés en désordonné, bavard, actif, sportif, spéculatif, ou carrément méchant, salopard, incongru, inconnu, banal ou épatant, qu'importe maintenant puisque que j'ai trouvé à faire celui que jamais je n'ai rêvé, imaginé, envisagé, joué.
En déduction, vocation serait cause trop pauvre, insuffite. (Mais comment dire pour dire bien la cause de cause d'à cause d'autres causes).

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Les voitures.
(d'autres furent uniquement à figures utilitaires)

DEUX CHEVAUX ROUGE

La première souvenue, abandonnée parce ce que trop chaotique au dos de mon père.

(accident à Fougères)    

Au retour d'un mariage à Rennes d'une très éloignée cousine, en bas d'une côte, alors qu'immobilisée, emboutie par l'arrière.

ID
 (que mon père préférait à la Déesse pour cause de vitesses à passer)

Assis à l'arrière.
Toujours des nausées, hauts le coeur, je honnissais cette bagnole pour les malaises qu'elle me procurait. Je ne comprenais pas pourquoi le président, les ministres y étaient véhiculés.

PEUGEOT 303
 (achetée à St-Denis)
(j'ai commencé à me poser des questions)

Bleue, en fût-il jamais autrement ?
que ma mère détestait parce que disait-elle à mon père "voiture d'arabes".

DIANE

Me rappelait la deux chevaux d'antan, en moins joyeux. Servait essentiellement à m'emmener et désemmener des écoles.

MA PREMIERE
(je laisse soin aux soucieux de l'analyse d'en tirer des conclusions hâtives)

Une deux chevaux couleur crémeuse.

PEUGEOT 309 GRAPHIC
 
(la première fois y suis monté avec un pré-sentiment)

Je ne veux pas te tuer, je t'attache moi-même me dit (L).

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D'après Freud, l'inconscient ne supporte pas la contradiction. D'après Baudelaire, chagrin d'enfant, principe d'oeuvre d'art.

(Je) ma vie parfois de quelques belles paroles qui ne sont pas de moi. Démerde.

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"Une ébauche lente à venir"
Au lycée, imposé, à commenter UNE CHAROGNE, du plus vieux de moi d'alors périlleux, m'y étais jusqu'à l'impuissance exacerbée attelé, jusqu'à rendre copie éblanchie. A la colère enseignante, n'autre réponse que je ne peux par escobarderie nommer ce qui m'imnomme là-dedans .

           " ...achève
                               seulement par le souvenir."

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Chaque fois que me suis ouvert, hémophilie de la cicatrisation, lentes et mouvantes brûlures.

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Dans ce travail autour-biographique que nous tentons, ma crainte est d'annoncer une chose qui soit comme prématurée, bien qu'expulsée de la matrice du passé, du retour retors, qu'elle soit comme un avant coup, un avant corps, fragile et invérifiable, invivable.

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 Le dit de Monsieur Francis :
"Et bien, si y a rien ce soir à la télé, y aura des choses demain.
Bouh ! l'oisiveté ça me fait avoir des mauvaises pensées."

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 Le DIT de la mère :
- j'ai cancer qui dépiaute défonce déprime dégueule dépente. Qu'est-ce dire que trop vivre j'aurai trop vécue. Cancer qui désosse, dégorge, déforme, déseinsaime. Mais je ne laisserais pas, douze ans que dure, spontané faire, je désire forniquerais la vie jusqu'au bout. Malgré fatigues et douleurs dodelinantes.

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Pour finir un texte sur l'attente. Deux trois chaises bois noires. Une table carré bois noire. Une tasse à café, vide, porcelaine blanche. Un paquet blanc et argent, entamé, Marlboro light.

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Bourdon, boulevard Bourdon, le lieu des noms du monde, bureau d'affrètement à l'enseigne Coudoux où se traitaient les affaires familiales dans une odeur mêlée de bois patiné et papiers archivés. Bourdon du nom de l'ennui, des heures rythmées des soubresauts et tremblements du plancher, des murs, chaotés par les passages souterrains du métro (entre stations Bastille et Quai de la Rapée). Le dégoûtant des affaires m'est venu de là

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Bien qu'entrent les affleurées effluves du passé, ici est le présent qui dompte ce que j'écris là. Là, le lieu de là. Ci-devant moi au jour jour. C'est de l'immédiat que exite la chose. Sortie sortie sortie clignote le néon. De secours secours.

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Au fond, au fond, intra-muros, quoi qui décale, perturbe, agace, brouille, gène, bouscule, au petit cri matinal, tip tap d'une pluie légère, ça glisse mou moulu vermoulu, debout pieds dans la boue, faire face.

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Les draps.
Je ne veux pas parler ici des draps mouillés, pipi au lit, ou en sués d'éjaculé masturbé ou coïté, mais juste des draps séchés une fois lavés qu'il faut plier. Jeu d'abord, apprentissage, d'avec la mère. Ensuite, en faux mariage, répit en vrais plis. Et puis, faux plis en solo, bras trop courts, c'est pas commode.

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Fini

IN-FINI.

Les ennemis sont du côté narquois de l'homme défini fini.

Mise en web : Max TRAPIER