Photothèque Atelier N89 - Didier LECLERC - Denis Lanoy :
Biographie subjective de Denis LANOY, metteur en scène
Tryptik Théâtre

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Présentation du projet de biographie subjective

Tryptik Théâtre

  

Biographie subjective de Denis LANOY deuxième partie

1 de II
Souvent tentation grande de supprimer le verbe "être"
de l'écriture. Pour accorder plus d'importance à ce qui se fait, ce que nous faisons, ce que je fais, ce que j'ai fait, qu'à ce que je [ ]. Que chaque fois que ce verbe arrive, tentateur, au bout de la langue, il ne s'exprime plus qu'ainsi par [ ] (un vide).
Comme aussi bannir "ou" "et ou", et toujours affirmer "et" et "et à la fois". Exemple : je ne reconnais pas le bien "ou" le mal, mais le bien "à la fois" le mal. Noir "ou" blanc, mais noir "à la fois" blanc. L'humain y gagne quelque chose.

2 de II
Indigeste indigence des commentateurs qui assènent assomment assèchent assourdent en propos propres et stériles.
Je ne comprends pas pourquoi on veut nous ôter de nos chairs basses et malvivantes.

3 de II
Le goût de la plage la mer l'hiver, le dégoût de la plage la mer l'été.

4 de II
Migraines. Maux de tête. Trois à quatre fois l'an. L'oeil gauche amenui. Douleur comme clou au cerveau gauche.

5 de II
Hier migraine, ça m'a fait souvenir écrire sur, mais migraine par assoce au son ça me m'émeut ce jour à Guy Degrène (qu'elle est l'ortho juste du nom, paraît en français ça importe pas [ bien qu'on soit toujours à calculer le % des imports exports, saleté de monde éco ]).


Degrène (j'écris comme çà ! ) qu'était le summum du luxe pour mes parents, à petits timbres économes de l'épicerie, points cadeaux, qu'on se montait un service de table qu'avait du brillant.

6 de II
Projuit de vie satrape au corps dégouli avide à pas nous ouïr la santé (ding ding dong).

7 de II
Quelquefoire ce n'est que crachouillis bouillis, et c'est que penser toujours à la suite de quelque chose, et c'est que aussi parce que la scène de ce drame est le monde, que certains soirs, je ferme la fenêtre, tire le rideau, m'isole camisole, de tout, regarde la télévision, prêt à vider, écho un certain poème de Guillevic
L'immensité
C'est moi

8 de II
Non, non, non, nonnon.
Je ne peux pas, çà, le dire, par ce, que, je ne pourrais me défendre que maladroitement, autrement, en excusant le tant prétexté inventé en vérité mensongé.

9 de II
Hier, c'était un peu jeu dupe sangsue cassure censure quasi casuiste. Le vrai c'est que je n'avais RIEN à DIRE des petits trous de la peau par où entrent les souvenirs. Alors, on fait, faux semblant de terrifiante cachette, des petits secrets terres à terres.

10 de II
Croque-monsieur, en septembre, vers midi treize quatorze, récompense de folle journée TATI Barbés, préparation de rentrée. Mon goût brasserie doit venir de là.

11 de II
"Ohh ! Ton fils, sur cette photographie, te ressemble." Je veux bien y croire, mais ce commentaire m'est étrange. J'ai, bel effort, retourné la photographie en tous sens, ne m'y reconnais pas, ne connais pas d'image arrêtée de moi.

12 de II
De quel temps quel siècle serai-je suis-je ? Faut-il se confier aux dates si naissance vingtième où si espoir de vie vingt et unième ? Ou à autre réalité historique et technique. Difficile de s'y retrouver. Je pense que les dates zéro manquent de précision. Ainsi suis-je assez convaincu que le dix neuvième commence à la définitive défaite de Waterloo, que le vingtième débute à Verdun, triomphe de la machine sur l'homme, s'enracine quelques mois plus tard en Belgique à Ypres, utilisation des gazs broyeurs et que sans m'avancer trop je crois possible que le vingt et unième ait commencé en mille neuf cent quatre vingt neuf. Alors, trouver ses dates, son temps, là dedans c'est dédalien et rien d'étrange à s'imaginer icarien tombant de haut.


13 de II
L'éclairage de la chambre vient d'en haut, d'un lustre à trois ampoules, que je ne tolère pas, impossible de lire dans ce blanc sec, où il n'y a pas l'indécis, le doute ombré d'une lumière de biais, indirecte.

14 de II
Souvenir (boutique à bon dieu) pas plaisant d'une vierge miniature phosporescente qui empêchait m'endormir, vraiment la sensation d'une apparition.

15 de II
Question non résolue. Les jumeaux meurent-ils le même jour ?

16 de II
Mélopée salopée démangesée des mycoses aux pieds, entre orteils, toujours que çà s'installe au soir, lité, prurit dolorosa, crevasses crevures à peaux blanches, boursoufflures, boutures boue de mort, bordures de pourriture, jusqu'au rosé du troisième ou quatrième derme, là où çà pique, picotte, piccoti, pis coton. Essayé remède bien des médecines. Puis un soir, un soir, un autre soir, aux alentours de l'amour, "çà gratte" s'oublie. Corps démangé à d'autres pensers. Quelques jours passent, les peaux reviennent, tendres, fraîches, sensibles, solides.

17 de II
A n'en plus finir l'adagietto cinquième symphonie de Malher.

18 de II
Je ne suis pas du tout collectionneur. Si j'accumule, collationne, certains petits bouts de papiers, des emballages, des boîtes, c'est uniquement par contrainte d'émotions. Je traque des morceaux échappés, collectés épars. Je constitue une réserve. Mon travail. De mémoire. Car j'insupporte l'oubli. J'insupporte la modification du corps de l'enfance.
( "Dans cette vie, nous nous efforçons avant tout de
changer le corps de l'enfance en un autre, où l'entendement signifie à la mémoire et à l'imagination qu'elles sont presque insignifiantes" Spinoza. Basta ! ).
Je ne m'efforce pas, "capisto espèce de cure-dent".

19 de II
Je préf' paroles de poètes à parlotes de prophètes. Pour tout un tas de raisons. J'aime mieux que le gluau chaud des mots crache du foie que d'attrape foi t'as froid, encore que parfois en foi de quoi le corps en feu en foi y faut croire y ait son mot à dire. Mais aussi, c'est que poète est en présent (délai du passé), alors qu'il me semble que le pro-fêtard morigène sans gène et se gratte la prostate en proscratinations, effets d'annonces publicistes, que jamais nous ne pourrons vérifier. A toujours remettre à demain c'est le mort qui s'met à parler.

20 de II
Tu m'as dit chante, j'en suis incapable, mes parents soi-chantant chanteurs faux ne m'ont jamais bercé d'allusive illusion symphonée, ni même fait entendre nourisson bébé enfant de la musique, au vrai terme du sens, me suis rattrapé depuis, mais trop court pour requilibrer, requalifier, rectifier, le défait de l'oreille, le déficit de l'audit minutie, le fausset de meurt dans les cordes, ok kao.

21 de II
Incipit principat pince mi pince moi jamais d'rêve prince et princesse, ça me turlupine l'urine et les archidufesses toutes ces histoires gagalantes de richards coeur de ... en principaupotinté qui prospèrent ramolos sous couronnes pendant que d'autres s'emmisèrent.

22 de II
Un soir, j'ai goûté une soupe Campbell's. Je voulais savoir ce qu'il y avait â l'intérieur des boîtes de Andy Warhol.

23 de II
Sévère, tuant, à dire, les p'tits bobos, après tout ce temps squ' éclosent, squ' éclusent, s' que l'être ose rose, pose, s'r'pose ci-gît, p'ites névroses, boîte a lolos, bottes a bobos, qu'un soir gisant, queue lasse basse, dégueulasse l'andraupose.

24 de II
A l'âge d'à peu prêt, qui fait clasch, just'avant dynamite boutonnite, quantité candide d'lait condensé sucré aromatisé à cadences enfernétiques qu'j'm'glissais dans l'burlingue à berlingots, sans épaissis machouillis des dents, c'est plus aisé l'ingurgit jusqu'à l'envie d'dégouli d'vomi. Si un jour j'ai cloaque coagulé d'diablerie diabétique faudra pas d'sensiblerie que i'm'étonnas.

25 de II
Fulminant et furibondant fut le petit bout bouilli d'languette mouillette braguette qui à ma souvenance se désinhiba le coquelet pour la première fois en odeur de sainteté., un soir festif chez les Bonnes âmes Soeurs du pensionnat où j'crevais ma première année d'écolier en malcoolie d'mélancolie d'mes coliques toujours pressantes à retenir mes pensifs profonds, dans le réfectoire côté gars où les filles autorisées, sous l'autorité d'la Mère sup', à présenter un semblant très sexy, typé chorégraphié Maritie et Gilbert Carpentier, de dansouille très arsouille play-barbaquèe sur la chanson succès d'alors "Mamy blue".

26 de II
J'ai beau m'froncer défoncer le sourcil, elle reste sourde l'épopée babillante areuh areuh agaga d'avant les mots, alors elle tournebouchonne, la brosse à luire, le passé, dès lors qu'il y a comme impossibilité à narrer son dès premier jour, sa genèse, sa pré-et proto-.

27 de II
A
u chapître bris d'os corps, y'a pas squore. Une banale et petite licite appendicite. Une minus cicatrice dans l'gras du biceps. Une cheville foulée, on s'foule pas ! Une cote fêlée, douleur qui feule. Un abcès coxxygité, clou au cul, les médecins nomment douleur exquise, paraît summum de souffre (où ça niche quand même !). Et quelques contusions bleues suite à accident de voiture.
C'est sûr, y'a plus à dire au chapître débris d'moral.

28 de II
L
es serins de la sérénité sénatoriée ramolo y me serinnent le surin sec, raisins de la ratiotine, y m'minent et m' miettent en déconfit d'purée d'colère, avec leurs trémolos empourprés d'donnant donnant la leçon recette de commment s'tenir à la table des négoces. Halte au commerce ! Halte aux soufflets d'la boursicote en gelée panée, toujours prêts à nous faire avaler tout crû des vessies farcies. A la lanterne ! A la lanterne !

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