Photothèque Atelier N89 - Didier LECLERC - Denis Lanoy :
Biographie subjective de Denis LANOY, metteur en scène

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Présentation du projet de biographie subjective

Tryptik Théâtre


1 de V
En douce, loucedé, toutes musiques que j'esgourde, passe repasse, faut qu'ça tape, sinon m'sappe l'moral, si trop confidencées, ça peut créer problème de voisiné, mais tant qu'ça m'augre pas, m'en tape et volume haut.

2 de V
Après séparé(e)s, restant seul avec Antoine, peur crainte angoisse de flancher la nuit, pendant son sommeil, infarctussif, et qu'au matin, tintin, pas en âge de comprendre, il me secoue pour me réveiller (et que j'n'entende plus) ses pleurs, plus rien, ça a duré quelques mois.

3 de V
Quatorze juillet au dispensaire
(Pas dispensé, férié, de piqûre picouse curative des maladies qui, alors, me détourmenaient l'concentré. Recto, dans les fesses.)
Quatorze juillet au dispensaire.
(Aux aléas du fleuve, jour férié, écluses drapeautées, éclusiers en goguette, était-ce bord de Marne, à la guinguette lampionée du méandre qu'ils éclusaient l'festif en bock).
Quatorze juillet au dispensaire, grande maison blanche, parc verdoyant, arbrusé abusif, rive du fleuve. Salle d'attente et salle de soin également blanchies, mobiliers à l'idem, crucifix aux murs, car étions enrouligiosivés ce quatorze juillet au dispensaire, et surtout, l'amical sourire sucre caramel carmélite de la religieuse infirmière m'enjoignant mains jointes, pour me distraire et patienter de mater (in fine dolorosa) le défilé national pompidolien et mirliton mirlitaire à la télévision.
De choc, mon enfance, de voir, l'oeil extasié, d'la fiancée d'Dieu, aux choses d'la guerre.
Quatorze juillet au dispensaire.

4 de V
"C'est le geste qui compte". Des années mises à saisir comprendre la validité de l'expression, finalisée en de multiples efforts et travaux, esquisses et brouillons d'bouses.

5 de V
ça frise l'cliché, chiqué pathétique en pathos-logie aparté âpreté dsaucé et maniéré manigancé cas sos. la grosse permanentée femme mégère, binocles épaisses, seins pointés proéminentes enrobés et nylonés en tissu fleuré, à l'austère mystèree méchanceté autoritaire, et le petit mari silencieux, jamais entendu l'son d'sa voix, mais soupçonne la main calote, ça frise l'cliché, truisme pathos, mais ça empêche pas qu'soit authentifique le fait, qu'en mes sept ans, (PAS DE PATHOS, j'cherche pas le pleur d'l'auberge, qu'elle aubaine, Thénardier) on m'forçait, forçat, à manger debout dos au mur, au simple constat d'argent, que calcul fait, pour pension, mes parents offraient moins d'revenus à la famille d'accueil, quel mot, ô le mot, sise à Freneuse/Yvelines (depuis je n'ai croisé que des Evelynes nerveuses) que l'Assistance Publique, dass dass dass, et autres subtilités du même tonneau.

6 de V
Tiré à part (aparté) j'suis pas partisan de l'aphorisme, sorte d'oecuménisme, particule qui sveut foret fureteur foreuse du réél, for me (diable) elle est foireuse furieuse et a-poreuse des convictions vite-faîtes, formées trop écourtées, masque la forêt, qui sveut clarté, alors qu'c'est l'grand écarté, l'grand écartelé, l'grand encervelé qui circumvole, l'grand profond, l'grand sombré (olé) haut, là quand s'étale, s'emberlifiquote, qu's'met en temps à développer, se contradictionne, s'aditionne, qu'c's'sonne au tonne long, automne automne longueur de temps, s'embouche, ode au mots, s'enflue, s'enfle, en trop, trop plein, qu'la réserve, le réservoir pas rasoir déborde, qu'les mains s'salissent du trop salivé, saligaud des pages des pages, en l'infini criardent et s'oppositionnent à l'aphoré qui s'veut sentence élaborée vérité étalée de notre pauvreté qui s'voudrait ors et habillée des richesses de nos vanités à s'vouloir toujours plus intelect qu'le voisin, qui s'fait l'coup de j't'élabore t'élucubre une formule, une pensée bien sentie, sanctifiée, bien concise, bien à propos, alors c'est for me (diable) qu'le mal à propos, le débouché, le débordé, le dévergondé, qui mfait bander l'a-penser.

(Tout ça, pour dire que c'est pas aphoré le fragmenté qui s'impose au genre proposé par Didier, mais syphoné).

7 de V
C'est pas torture (manque la vapeur) le tortillard, voyage omnibus à l'ancienne, qui se trémousse de gare en gare, à la quarantaine à l'heure, à lanti-vitesse d'une torpille, au ralenti très mou trémollo, c'est pas torture, tout juste impressions mêlées rêvées, non pas retour en arrière frac dix-neuvième, haut formé sur le capuchon, non, juste sensations d'origine. (S'expliquer là-dessus semble impossible.)

8 de V
(Très sérieux).
Je m'amuselle pas pour (L) à me gratter le par-agraffé des mots poétés qui choquent tout crû, sonnent tout haut, chopent la muse, je m'musèle pas plus, pour (L), peut-être un peu l'missel qu'elle cèle aux cieux, j'm'musèle ni cruèle pas non plus d'(L), car c'est à tire d'ailes que j'm'élève de plus en plus d'elle, que j'm'mèle d'elle, en elle, à elle, celle telle quelle elle (L) sème, j'aime, jewel le (plus précieux).

9 de V
Who's who, qui est qui, parce que au delà du sens, j'ai toujours entendu, chenil à snobinards, who's who who, wou wou wou, wou wou wou, aboiements de cabots, cages de luxe, promis juré ne jamais y être connu, imprimé ou figuré voire pseudonommé.

10 de V
Versatile carbure l'adrénalé vire civilité d'garçonnet toujours coupé court avant grabuge coups échangés calotes musclés qui marquent le mac le mec en son dérisoire territoire et m'fiche pas mal d'ceux qui, quitte à chifonner les accrocs d'la gueule du croc-en-jambes, qui m'chiffèrent molesse.

11 de V
Déterm. ABO Rh…
…..O-…….O-……
Du D C c E e K le a
…..=….+.-.+.-……
O rhésus négatif (universel)

(à chaque fois, prise ou don, j'tombe dans les pommes)


12 de V
Aux rythmes motorisés me suis toujours endormis, faut expliquer qu'l'logement, sur une péniche, est juste au dessus de la salle des machines, trois centimètres de tôle et un de bois faisant séparation, cahoti-cahota, sensations inexprimables, très aimables, à qui ne l'a pas connue, bercements très doux, très propices aux sommeils et rêves. Ce que je peux préciser, pour rester en sphère objective, c'est que j'ai eu connaissance de trois épopées époques distinctes, berceuses mécaniques, l'américaine, Générals Motors, moteurs de char d'assaut, tank Sherman, ceux du débarquement, arrangés marins après la guerre, puis la soviétique, de tank également, nommés Baïkal, grosse fumée grasse, et pour finir, c'est presque de l'histoire, retour à l'américaine, grosse machine à 400 tours/minutes construite à San-Francisco (" c'est une maison bleue accrochée à la colline ")

13 de V
Le jour se lève brouilleux d'ouateux des débris et désirs, le jour se lève, rester dans l'cocon, dans l'océé ventre.

14 de V
Pas de continuum.
Quatorzième jour de cinq, c'est à dire quatre et demi du début, quatre et demi du but, c'est à dire le plein milieu du neuf, neuvième mois à atteindre sans déveine, qu'on sfixe objectif, qu's'fiche ldoigt dans l'oeilleton à s'feuilletonner jour après jour un semblant dfragment, bras en croix, le petit débit, débinné dvie-souvenir, à r'membrer l'remember, petit fanal loin loin, avéré amèré réverbéré et tuméfié.

15deV
Trop ambitionnée la liste matinale des choses à faire, listées petit papier pour le travail, listées cerveau pour le ménager, j'manifeste nausée malaise névr'faut oser le soir venu et j'm'auto- r'proche le manque ou présomption d'force.


16 de V
monde
tu m'es
jecte le jacté le jouissé
tu m'es
crime
c'est la réalité ça paye
tu m'es
crase crassé le crasseux
ça paye c'est la réalité
tu m'es
plante planifié le plantureux le vol plané
ça paye à la longue à la langue la réélle
qui dégoise déguise éguise le monde
tu m'es
pâte
tu m'es
pluche douce peluche


17 de V
En voir le maximum en le minimum de temps, c'est ce que j'espérais, dominical enfant, des balades familiales, en voiture. Compter fleurette, s'arrêter aux champs, courir la pâquerette, vraiment qu'en faire ?

18 de V
Gouffre, certain matin où j'm'éveille sans merveille, tout bouffi d'la peau des bouffées d'démangé nuitalé corpseté ; corpvée l'matiné lever quasi obligation d'jour à point, qu'j'sens, sans l'consentir, mon visage étalé d'affres gonflé comme outre un soufflet, pas r'tombé d'la cuisson carnagé cargaison d'incarnée vieille peaudaisons d'l'âge qui coagule l'oppulence l'opuscule mini-corpus à l'opus des assèche-saisons.

19 de V
Casanier ça veut pas dire encagé casqué clopinette encastré d'la caserne, ça vaut pas si c'est contraignance ; casanier c'est pas gnan-gnanterie, faut juste pas qu'ça d'vienne Casanis sur Casanis à la casa, claques cloaques, floppées d'flippé qu's'crache cache le flancher ; casanier c'est tout bon quand c'est calmé accalmie, calé câlins malins et couette tranquille.

20 de V
Effet de réél.
Le pue du corps, le pue du cul, en litéré pas raturé pas biffé le beef transpiré en pire qu'on ne mets avoue pas, à cause que le moyen manque à définir l'côté concret d'l'effet d'réél comme on cherche dans l'Littré, gomme machouillée à l'autre extrémité mitée du crayoné.

21 de V
En stock pas toc, y'a force foule foutre de choses encore à forcer fouetter défroquer le venir, faut juste toc-toc toquer traquer bonne porte, bonne pioche, pour pas buter tourner tournicoter le rond ruminant, fulminer l'asticot nicotiné.

22 de V
Variations sur un thème claudelien

Ah ah ah ah ah ah ah ah ahhhhh

Est-ce sanglots
ou
est-ce rires ?

23 de V
C'est visé, liste des pays : Danemark, Portugal, Espagne, Maroc, Algérie, Belgique, Pays-Bas, France. En tel cas, vaudrait mieux liste des villes, j'm'épargne villages et banlieues : PARIS, COPENHAGUE, BARCELONE,GRENADE, FES, LISBONNE, ALGER, AMSTERDAM, BRUXELLES, MARSEILLE, LYON,ROUEN, ARLES, MONTPELLIER, ALÈS, MMES, SAINT-ETIENNE, BORDEAUX, VIENNE, GRENOBLE, LE HAVRE, CLERMONT-FERRAND, SETE, BEZIERS, PERPIGNAN, NARBONNE, AIX, VALENCE, RODEZ, AUXERRE, DIJON, MACON, VILLEFRANCHE, LENS, OSTENDE, MENDE, SAINT-FLOUR, AVIGNON, PONT-DE-L'ARCHE, MANTES, MEAUX, STRASBOURG, CAEN, SAINT-LO, CANNES, NICE, GRASSE, CABOURG, RENNES, SENS, CHALONS, TOURNUS, BEAUNE, BESANCON, BELFORT, TOULOUSE, MARTIGUES, NEVERS, COMPIEGNE, et j'en oublie.

24 de V
J'vois l'truc, tout ce monde qui bouge, j'vois rouge à force, maquille le margoulin, nargue du naseau l'narguilé, j'vois rouge à force, pronto pronto, expressif n'est-ce pas, le presto presto allegro.

25deV
Malgré qu'j'en eut pû avoir le rédhibitoire de toutes les histoires de concentré djus d'sueur, j'suis pas hostile à proximisbuiscuité, du moment qu'ça entrave pas l'hélice d'penser des lèvres, et d'croquer sans édulcoré décoloré à belles pleines dents la plaine retournée à larges pelletées.

26 de V
Courte scène.
Le Photographe : bouge pas bouge pas bouge pas
Le Photographié : j'peux pas m'empêcher d'rider d'fripper d'flipper 'dévisserd'éviderd'dévier
l'évier d'verser la glande crieuse curieuse furieuse d'la viande souslderme
j'peux pas m'empêcher ddénicher d'gâcher d'cacher d'décadrer d'désintégrer
l'paysage
j'sors
du cadre

27 de V
Tirage au sort.
Depuis cinq ans, je participe à l'enquète VISAT, portant sur la relation entre le travail, la santé et le vieillissement. L'enquête se terminera dans cinq ans. Elle est organisée par les services de la Médecine du Travail. Le médecin qui s'occupe de mon dossier se nomme Hélène Laffilhe-Baudry. Elle a des cheveux blancs et porte des lunettes de vue. Elle est très symphatique. Les tests, la visite, durent deux heures.

28 de V
J'voyais plus un traître mot à la craie au tableau du collège tant est si que j'dû m'lunetter m'correcter les yeux, myopie révélée, m'réapprivoiser m'réaprivisionner la marche, cause que le trottoir s'mua en mur quand j'sortis d'chez l'occuliste et m'mettre à consoler mon papa, pleurant sur mes genoux, te biles pas papa, car j'pourrais plus, bigleux comme j'l'suis, d'venir pilote d'avion, alors qu'c'était c'que j'souhaitais, en ce temps, mordicus.

Mise en web : Max TRAPIER