Photothèque Atelier N89 - Didier LECLERC - Denis Lanoy :
Biographie subjective de Denis LANOY, metteur en scène

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Présentation du projet de biographie subjective

Tryptik Théâtre


1de VI
Pour fouiller fouailler fourrager l'entraille la faille, j'aimerais méditer mériter, cent fois remettre sur l'ouvr'âge, l'méticuleux métier d'archéomotlogue, à r'tourner touiller la matière matrice vagin et tout l'machin englué du matin lointain, l'suint d'origine.

2 de VI
J'nai pas connu les classes maternelles, ni même la préparatoire, j'débarqua, un matin, comme ça, à l'élémentaire, direct. Donc, j'resta en cocon maternel, tout ce qui est d'avant sept, j'dis, pratiquement d'avant-scène, ayant lu depuis un peu de psychocause et maniant d'dérision pas sans raison Happé lapsus fabriqué.

3 de VI
Faut l'avouer, j'sors jamais complètement satisfait, tifs (aient, de chez le coiffeur. Positivement, j'ai horreur du sèche-cheveux, qui gonffle le volume. R'venu aux pénates, pas très peinard, j'rase les murs, J'ciboulot baissé, n'pas voir quelqu'un d'connaissance, j'me r'mouille le cuir et applat tout ça. Positivement , j'ai horreur également, j'fais quasi la gueule pour pas avoir à r'pondre d'la discute bavette qu's'tape la majorité des figaros ou figarettes, qu'ont toujours un mot quasi imbécile sur le théâtre si par malheur j'suis obligé d'nommer par politesse mon métier.


4 de VI
Autre histoire d'coiffeur. J'étais convalescent, me r'faire le poumon, r'prendre le souffle au grand air, au grand vert, chez des amis d'mes parents, aux revenus très assurés, s'révèlèrent plus tard escrocs, un endroit perdu de l'Aveyron, Cuzuel. Elle décida, un jour d'été, de m'mener chez l'coupe tifs à Laguiole, qu'était pas, en ce temps, Stark-systémé désign fric de gogos, l'couteau avait encore d'la noblesse. Donc, elle décida de m'mener chez le coupe tifs, et avant cela, m'fit la leçon qu'il fallait, avant d'partir, s'laver les cheveux, pour avoir uniquement la coupe à payer. Bien sûr, qu'le figaro auvergnat s'géna pas, dès qu j'eus l'fessier calé sur le fauteuil à pédale hydraulique, pouf pouf pouf, trois petites pressions du pied t'es à la hauteur du miroir pour m'shampouiner sans qu'j'ose moufter.

5 de VI
Quand j'coule dfatigue je nage pleine page en des marées cages à gâcher l'peau et l'eau et l'plâtre ramolis tout jjette par dessus bord d'âge l'arrête des travers seins jambes boiteuses à moitié pâle le pas harassé happé du hasard happy dilapidé.

6 de VI
(à lire d'une colère profonde)

Merde mord au dents j'r'mémore rime la mort qu'c'est choses de vie qui m'mordent intiment l'ordre de r'viens-y n'en démords cuite cuistre elle rit et cynique qu'elle ruisselle QUELLES CUISSES sucelle itelle c'est inique cte vie unique j'dis t'es aux trousses à trousser pousser tousser frousser trou d'un trou au trou j'dis pas du cul sauf si manque de pot pas d'bol ras-l'bol le jour toujours trop tôt l'gaz d'échappée.

7 de VI
Sans préambule à mandibule j'ai tâté maché sevré léché l'anémie. C'était petit enfant et suffisament longtemps pour inquiéter. Alors on m'mena chez le médecin souvent remercié, il se nommait Lemercier, qui, plutôt que d'm'os-culter, m'fit causer bavette, m'enjoignant à ne pas mâcher mes mots, il en résultat qu'j'crachas l'morceau, au grand soulagement maternel, qu'avait d0 sérieusement s'coincer l'sphincter à mon renaclement de table, que j'mennuyais de n'pas voir mon parrain. Un petit voyage à Créteil et l'appétit revînt.

8 de VI
Pour excuser après coup admettons qu'médite maladroitement plus qu'n'médit ses maux d'ado de male heur qu'mettent à dos involontiers sa parentèle en exutoire. Le temps d'une ou deux saisons. Faut qu's'crève l'accès un jour ou l'autre à son p'tit hirochiéma, sa bombinette qui claque sa trombine innocente d'enfant quitte à s'mordre moudre morfondre le remord et tirer la moue quelques lunes.

9 de VI
Quelle pitié, quel cauchemar, piéton à petits petons, c'est à tatons, presqu'à r'culons qu'j'rentre chez l'chausseur, pour trouver chaussures à mes pieds, qui moqueur m'dit qu'pointé trente neuf y'a pas au masculin, qu'tout commence à quarante, qu'j'suis pas adapté au marché.

10 de VI
J'n'u-(à nu)-tilise pas, l'anus y compris, de gant de toilettes, j'm'frotte à poil le poil d'la main savonnée. J'suis réfractaire itou à tout liquide à pré-emploi pour la douche qui mfiche comme une couche sur la peau et l'eau qui guili-guili glisse par dessus au rinçage.

11 de VI
LANOY J'en ai assez entendu AHAHAHAaaa petite noix noisette. On s'y fait, s'en lasse. J'vous assure.
Le pire ayant, toutefois, été atteint. C'était à Arles. J'étais en troisième. J'n'arrive pas, (trou de mémoire !) à r'mettre un nom à ce porc bouffi qu'était mon prof de français latin. Cela fait, drôles de dégâts le gros dégueu, noeud aux neurones, j'crois bien être dev'nu idiot, presque tout à fait, jusqu'au plongeon dépression.
J'explique.
Durant toute l'année, à tous mes devoirs, appliqués ou pas, version, thème, rédaction, composition, exercices grammaticaux, expression orale, récitation, j'avais systématiquement la note sept sur vingt. Fallait voir la jubilation perverse du bonhomme me tendant d'une main moite la copie claironnant
pour faire rire quatre ou cinq p'tits cons arrivistes : "LANOY . SEPTE" AHAHAHA.
(II aurait mérité que j'cafte et qu'mon père lui casse la gueule)
Au dernier cours, après dépression, fin d'année, la grosse face boudinée de l'histrion se penche vers moi, et m'balance .~.me fixant : "alors, LANOY c'est quoi votre passion, MOIHEU, c'est le sport". Et là d'm'débiter, étaler science, ram'ner sa fraise, les compositions d'équipes de bascket, de volley, des années 1953, 1963, etc. Prodigieuse mémoire. Réponse d'ma part : "monsieur, ma passion, c'est la littérature". Cloué, bouche molle et béante, y m'a tourné l'dos, et plus JAMAIS rien dit.
II en résultât, que j'dû, à l'époque n'était plus obligatoire, passer les épreuves du brevet. J'revois l'oeil éberlué de l'enseignante m'demandant, l'interrogation orale terminée, pour quelle raison vraiment j'étais là à passer épreuve. J'n'ai pas dit la vérité. J'étais dev'nu idiot j'vous dit. II en résultât, aussi, qu'j'fus orienté C.A.P. d'chaudronerie. J'ai évité, mais c'est une autre histoire.

12 de VI
C'est juste. J'leurs en voulus, d'acné-céciter et n'pas entreprendre traitement d'la furie, comédie dis-donc, de comédons bourgeons qui gravelèrent et cancrelèrent la face que j'nosais plus mettre à l'air, qu'c'était, pour eux, chose nature, à passer.

13 de VI

Je dors nu.

14 de VI

Mandarins virevoltants très assidus reproducteurs, tortues (deux) d'eau, hamster intouchable, poissons vite remontés à la surface, cochon d'inde amical, chatte isabelle, animaux, compagnie d'enfant.

15 de VI
Pensée appropriante, MÉFIANCE, j'n'parviens pas à poser en préambule à l'acte conscient et pain quotidien un JE ME SOUVIENS. J'ai bien plus le sentiment de quérir ce dont j'ne me souviens pas, ce que je n'sais pas plus encore.

16 de VI
M'semble, qu'fut pis- aller, lorsqu'on m'raconte, "on" sont mes parents. Qu'il arriva qu'j'fis l'pître en public, le plus mémorable fut, semble-t-il, à l'occasion, fit l'larron, d'un mariage de cousine, où cinq ans à peine, jfis figure, sur une scène improbable, en Bretagne, une improvisation, micro en main.

17 de VI
J'vois pas, rapport à c'que rapporté hier, autre chose que j'pus faire, qu'immitation de Claude François et Clodettes, c'était très mode alors et à peu de chose près seule connaissance que j'pouvais avoir du spectacle.

18 de Vl
R'nâcle au crachoir, r'mache, s'débine, s'débacle et s'bloque à blaguer.

19 de VI
J'résiste m'insiste le plus que l'pouvoir à l'affluence influence des images, même si je m'en mêle par accoup dans l'travail, j'instruite que le langage est mon plus vieil âge.

20 de VI
Charabié, trêve des rêves, durée assez longue, l'avenir envisagé tout autrement, non de déception, c'est qu'il faut temps à se situer, prendre son parti, sacre et expérimentater de tout sans expédient vite expédié, sans s'défiler de c'qui défile. convaincre

21 de VI
S'rait trop fort d'utiliser des métaphores.

22 de VI

SIX MOIS.
…………..Là le dialogue, réponses aux annoncements, commence, s'instaure, s'insurge, urge le singe.
…M'effraie un peu,
…………………….pour le devenir,
………………………………………qu'il soit, aux parois utérines,
………………………………………………………………………..COUPS DE PIEDS
………………………………………………………………………..COUPS DE MAINS
………………………………………………………………………..COUPS DE TÊTES.

23 de VI
Ce peut-t-il
qu'un jour.
Dès demain.
…………….(suppression des bons points d'interrogation)

24 de VI
croître même croire
sortir léger sortilège
c'est irrévèrencé cloître le ventre maman
doux douillet voix perçue
six mois
l'heur du prime entendement
dettes
tête à sortir
con déjà dit
patience la parturiente
perte perturbe l'temps présé c'est pas dans l'tempo
attachattends toi à plus tardé dardes-toi

25 de VI
M'déglingue l'moral, c'est dingue, la négligence qu'soit aujourd'hui mode à médialogue, quasi anallissé, catalogué, c'qui fût avant-garde, quand jfus brouillon d'moi, allongé bébé langé, qu'on Cape l'retard qu'on prend à s'réjouir l'moderne sans voir l'âge qu'on a.
……………………………………………………………………………….C'qui nous narcisse la saucisse modÉTERNITÉ c'est d'croire neuves les choses de notre temps passé d'innocence. Comment voulons-nous dans ce décalé décalqué qu'on pige c'qui s'passe, quoi qu'ce soit, tout autour dans l'point présent.

26 de VI
Y'avait (curieux qu'contracté en parlé "l'avoir" décliné à l'imparfait sonne comme forme ancienne de Dieu !), y'avait donc, chez moi un martinet, (chez moi ? chez mes parents, précisons) qui ne servit que de dissuasion. Je ne sais qu'en penser. Et ça ne me rend pas plus sympathique" bombes A, H, N.

27 de VI
Je mange beaucoup de fromages. Peu de pain.

28 de VI
SIX MOIS scie moi, du moins l'irréversible, la forme, grossesse pointée, rondeurs visibles, l'a-t-on compris, je ne suis pas très satisfait ce mois-ci (SI MOI), choses bizarement ramollies qui s'y sont écrites, dévoilées, que l'nature rature et s'mature dur.

Mise en web : Max TRAPIER