Photothèque Atelier N89 - Didier LECLERC - Denis Lanoy :
Biographie subjective de Denis LANOY, metteur en scène

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Présentation du projet de biographie subjective

Tryptik Théâtre

photographie Atelier N89 - Didier Leclerc
Septième parution

1 de VII
M'rébarbave le trémollo la frimousse en très gros plantée en plein écran.

2 de VII
J'vitupère, vide vite l'atrabile, récupère extraballe au jeu désapointé du nerveux élan d'colère, à cause de choses publiques, dites ou écrites à l'aune de la responsabilité politique de telle ou tel, jusqu'à preuve du contraire démocratiquement élu(e)s.

3 de VII
Comment dire sans rougir.

4 de VII
Jusqu'à très peu, pour dormir, trouver le sommeil, fallait l'enfonçure du corps au moite, couvert recouvert d'un maximum de pelures, draps, voire couverture, jusqu'au moignon du visage, entièrement en protection d'un poids assuré, et dors et n'avant, c'est pas qu'il y ait enflure du gras, s'rait même opposé, c'est au plus dépouillé, dénudé, qu's'trouve l'aptitude aux profondeurs hypnagogiques.

5 1 de VII
M'indifère le prolifère, type proto-type au parfait profil du prolixe prompt à m'pomper l'air lorsqu'en proximité promiscuité y s'déballe à deux sous l'heure tant et si qu'hypocondre j'fronce l'hirsute sourcilleux capilaire et capitule en m'renfrognant.

6 de VII
J'nai pas, rapidement sérieux, très tôt jeune disert, connu affre de bouche, zézaiement, bégaiement, ou disloqué démantibulé la mandibule du logué, dysléxie du mot aux choses, apprenti très sage, c'est bien plutôt maintenant, en âge du langage éloigné des langes collées aux fesses d'ange, qu'm'tte le festin festif des chants boulés.

photographie Atelier N89 - Didier Leclerc

7 de VII
J'me peigne le matin, une fois. Ensuite, de toute la journée, rien. Au plus, doigts.

8 de VII
M'xaspère et m'entre-colère (à l'encolure j't'colle une) le formatage, tout particulier médiatique, journalistique, épisodique et roboratif.

9 de VII
Propos, à l'oeil du photographe, le réél est en nous, en toi, en moi, en souffrance non d'avoir mal au corps, mais en suspens, en attente, de notre bon vouloir, de nos efforts à en tenter le capter, le saisir, le re-saisir. Cela m'amène à disgression, tu saisis, tu comprends, par la photograpie, un réél qui ne me peut-être qu'à tout jamais inconnu, in-saisissable, c'est à dire mon visage, mon corps, en souffrance, dont je ne peux jamais voir les contours vivants. (Je ne suis qu'en dedans, (en deçà, de ce réél là, qui pourtant est mon privilège).

10 de VII
J'crois bien, pâtisserie (point trop, faut pas pâtir, qu'c'est con, patissant pas sympa très envahissant et ha la vache gisant sur l'côté plein du bide), j'crois bien qu'c'est l'mille feuille qu'j'papille le plus goûlu.

11 de VII
II m'importe qu'avant nommé chaque chose soit d'abord soupçonommée de son origine d'avant langué au grand tango tangué chaloupé ramdam d'avant nommé (doux nom ma taupe) des bruisseux langueux sons d'enfancé enfoncés à l'écrou du monde, au creux du môme, qu's'r'présentent les choses aux sons initiaux imités tatés pour en définir l'expérience, le chat étant d'abord miaou-miaou, le chien d'abord wouf-wouf, l'automobile broum-broum, le train tchou-tchou, et bla-bla, bla-bla, miammiam-miam.

12 de VII
Finalement, c'est a-m'usant de tourner autour du poteaubiographile, à s'extirper l'insondé, croire sans fond, croire sans fard, fardeau des amassés, des irrités, des imités et inimitiés, mais,(car demeure "mais") qu'en est-il des ritournelles ? (moment agacé de découragement).

13 de VII
Juillet, mois où j'suis né-R-vosité.

photographie Atelier N89 - Didier Leclerc

14 de VII
Après-demain sera mon anniversaire.

15 de VII
Demain sera mon anniversaire.

16 de VII
Aujourd'hui est mon anniversaire.

17 de VII
Hier fut mon anniversaire.

18 de VII
Avant-hier fut mon anniversaire.

19 de VII
On a compris l'système !
Aujourd'hui, compté bisextille, le treize mille cinq cent dix septième jour, la trois cent vingt quatre mille quatre cent douzième heure, la dix neuf millionème quatre cent soixante quatre mille quatre cent quatre vinft huitième minute.
On a compris l'système...

20 de VII
Dès qu'on s'met à compter, c'est épuisant, et tant et tant et tant et tant et tant attendu étant ententu qu'étendu tendu culbuté.

21 de VII
Deux choses que mon métier m'a appris

REFUS DU DISCOURS DE LA PLAINTE DON DU CORPS PLUTÔT QUE SA REPRÉSENTATION.

22 de VII
M'polyphone, m'syphone, corps et travers torts et travers.

photographie Atelier N89 - Didier Leclerc

23 de VII
Mince de manie d'nez ou manière d'maniaque, entre paranthèses, pas des vannes ou vantardise, pavane roue d'paon, fermer la parenthèse, vacherie d'manie d'nez d'avanie avariée advenue dans le tas, sur le tard, quand j'sens suint d'suées d'sueur de peau, humeur d'odeur collée au coton d'la serviette de bain du matin, deux ou trois maximum passés, qu'ça m'rend l'vomi presque, hausse du coeur, mauvais mot ça, qu'hausse en vrai la housse de l'estomac, qu's'coince la langue à la glotte au d'ssus du lavabo, d'un geste sec d'humeur jjette à terre la mâle odeur, la malodorante accumulée d'mes pores salés, parcelles d'moi échappées restées collées entêtées, âpres odeurs, un dégout d'égoût quasi, impression précise qu'j'ai de restes attachés, sans tâche saleté, au tissu, qu'ensuite j'l'enfuis, la serviette, dans l'bac à linge en attente d'lessive, douceur lascive, et qu'j'sors d'l'armoire, dard-dard, une autre, proprette, prête à l'emploi, immaculée, conception maline à caliner ma peau, à pas, émoi, m'dégouter, au dégouli d'l'eau, d'moi, dès l'petit matin, pas m'dégouter du gros mâtin malin en moi.

24 de VII
J'n'suis pas verni vêtu des vertus d'une quelconque muse, en vérité j'me tue, m'évertue, vertugadin quel gadin si j'attends d'l'inspiré tout nu tout cru obtenu descendu du ciel miraculeux, j'm'évertue, mets à table, fouille, tripatouille, vieux vioc d'évoqué bloqué, et m'crispe à choquer, coller, trois quatre mots l'un l'autre à s'rebondir, s'étourdir.

25 de VII
Clafoutis, quelle bafouille, quelle confusion cramoisie, d'rater, sorti du four ramolli, plat plat raplapla, l'apple-pie, leçon collégienne, la chienne, d'un anglais d'apprenti, approximatif, t'as dû mal lire la recette m'a dit ma mère, demi rigolade, mauvaise limonade, en effet j'dus m'prendre les pieds dans les Pounds, oursins dans les Ounces.

26 de VII
La première pollution, étrange mot, verge tendue, étrange mot en vérité, faut pas s'étonner qu'les grands patrons, doigts à la couture, manitous gros matous d'l'industrie, admettons mecs qu'y en ont, soit dit en passant, c'est c'qu'on pense d'ceux qui réussissent dans l'économie, des mecs qu'en ont entre les jambes, faut pas s'étonner qu'ceux là, polluent sans vergogne, parce que la première pollution, pollution avant masturbation, c'est l'premier pas vers l'bonheur d'être homme, alors, j'propose que nous vocabulions différemment nos premiers émois dans lsexe si l'on veut sauver la planète d'l'effet d'serre. (Aujourd'hui, j'fais aussi l'nécessaire pour qu'ma fée m'serre).

27 de VII
"C'était le jour béni de ton premier baiser" a écrit cela, Mallarmé, longtemps j'ai cru, et en ail souffert, qu'il fallait, pour être un peu poète, moi, qui ne m'en souviens absolument pas de ce jour béni, de mon jour béni, quel soucis, qu'il fallait un souvenir de ce genre de détail.

28 de VII
Ici confusion et éclaircissement.
Plus je pénètre l'être avant, l'être ancien, plus j'ai le sentiment de m'approcher et de m'éloigner tout autant, dans le même mouvement, de qui je fus sans pour autant m'éloigner ou m'approcher de qui je suis, tant l'être avant m'est indispensable et égal, non distant, non lointain, à l'être présent et comme présent, inadapté à saisissement, ailleurs que dans le mouvement très incontinu, très incontinent, des mots, des phrases, pas plus saisisssable dans l'avant que dans le présent. Je suis ce que je fus, que je ne peux fuir, je fus et je suis ce que je ne pus fuir.

Mise en web : Max TRAPIER