Septième
parution
1 de VII
M'rébarbave le trémollo la frimousse en très gros
plantée en plein écran.
2 de VII
J'vitupère, vide vite l'atrabile, récupère extraballe
au jeu désapointé du nerveux élan d'colère,
à cause de choses publiques, dites ou écrites à l'aune
de la responsabilité politique de telle ou tel, jusqu'à
preuve du contraire démocratiquement élu(e)s.
3 de VII
Comment dire sans rougir.
4 de VII
Jusqu'à très peu, pour dormir, trouver le sommeil, fallait
l'enfonçure du corps au moite, couvert recouvert d'un maximum de
pelures, draps, voire couverture, jusqu'au moignon du visage, entièrement
en protection d'un poids assuré, et dors et n'avant, c'est pas
qu'il y ait enflure du gras, s'rait même opposé, c'est au
plus dépouillé, dénudé, qu's'trouve l'aptitude
aux profondeurs hypnagogiques.
5 1 de VII
M'indifère le prolifère, type proto-type au parfait profil
du prolixe prompt à m'pomper l'air lorsqu'en proximité promiscuité
y s'déballe à deux sous l'heure tant et si qu'hypocondre
j'fronce l'hirsute sourcilleux capilaire et capitule en m'renfrognant.
6 de VII
J'nai pas, rapidement sérieux, très tôt jeune disert,
connu affre de bouche, zézaiement, bégaiement, ou disloqué
démantibulé la mandibule du logué, dysléxie
du mot aux choses, apprenti très sage, c'est bien plutôt
maintenant, en âge du langage éloigné des langes collées
aux fesses d'ange, qu'm'tte le festin festif des chants boulés.

7 de VII
J'me peigne le matin, une fois. Ensuite, de toute la journée, rien.
Au plus, doigts.
8 de VII
M'xaspère et m'entre-colère (à l'encolure j't'colle
une) le formatage, tout particulier médiatique, journalistique,
épisodique et roboratif.
9 de VII
Propos, à l'oeil du photographe, le réél est en nous,
en toi, en moi, en souffrance non d'avoir mal au corps, mais en suspens,
en attente, de notre bon vouloir, de nos efforts à en tenter le
capter, le saisir, le re-saisir. Cela m'amène à disgression,
tu saisis, tu comprends, par la photograpie, un réél qui
ne me peut-être qu'à tout jamais inconnu, in-saisissable,
c'est à dire mon visage, mon corps, en souffrance, dont je ne peux
jamais voir les contours vivants. (Je ne suis qu'en dedans, (en deçà,
de ce réél là, qui pourtant est mon privilège).
10 de VII
J'crois bien, pâtisserie (point trop, faut pas pâtir, qu'c'est
con, patissant pas sympa très envahissant et ha la vache gisant
sur l'côté plein du bide), j'crois bien qu'c'est l'mille
feuille qu'j'papille le plus goûlu.
11 de VII
II m'importe qu'avant nommé chaque chose soit d'abord soupçonommée
de son origine d'avant langué au grand tango tangué chaloupé
ramdam d'avant nommé (doux nom ma taupe) des bruisseux langueux
sons d'enfancé enfoncés à l'écrou du monde,
au creux du môme, qu's'r'présentent les choses aux sons initiaux
imités tatés pour en définir l'expérience,
le chat étant d'abord miaou-miaou, le chien d'abord wouf-wouf,
l'automobile broum-broum, le train tchou-tchou, et bla-bla, bla-bla, miammiam-miam.
12 de VII
Finalement, c'est a-m'usant de tourner autour du poteaubiographile, à
s'extirper l'insondé, croire sans fond, croire sans fard, fardeau
des amassés, des irrités, des imités et inimitiés,
mais,(car demeure "mais") qu'en est-il des ritournelles ? (moment
agacé de découragement).
13 de VII
Juillet, mois où j'suis né-R-vosité.

14 de VII
Après-demain sera mon anniversaire.
15 de VII
Demain sera mon anniversaire.
16 de VII
Aujourd'hui est mon anniversaire.
17 de VII
Hier fut mon anniversaire.
18 de VII
Avant-hier fut mon anniversaire.
19 de VII
On a compris l'système !
Aujourd'hui, compté bisextille, le treize mille cinq cent dix septième
jour, la trois cent vingt quatre mille quatre cent douzième heure,
la dix neuf millionème quatre cent soixante quatre mille quatre
cent quatre vinft huitième minute.
On a compris l'système...
20 de VII
Dès qu'on s'met à compter, c'est épuisant, et tant
et tant et tant et tant et tant attendu étant ententu qu'étendu
tendu culbuté.
21 de VII
Deux choses que mon métier m'a appris
REFUS DU
DISCOURS DE LA PLAINTE DON DU CORPS PLUTÔT QUE SA REPRÉSENTATION.
22 de VII
M'polyphone, m'syphone, corps et travers torts et travers.

23 de VII
Mince de manie d'nez ou manière d'maniaque, entre paranthèses,
pas des vannes ou vantardise, pavane roue d'paon, fermer la parenthèse,
vacherie d'manie d'nez d'avanie avariée advenue dans le tas, sur
le tard, quand j'sens suint d'suées d'sueur de peau, humeur d'odeur
collée au coton d'la serviette de bain du matin, deux ou trois
maximum passés, qu'ça m'rend l'vomi presque, hausse du coeur,
mauvais mot ça, qu'hausse en vrai la housse de l'estomac, qu's'coince
la langue à la glotte au d'ssus du lavabo, d'un geste sec d'humeur
jjette à terre la mâle odeur, la malodorante accumulée
d'mes pores salés, parcelles d'moi échappées restées
collées entêtées, âpres odeurs, un dégout
d'égoût quasi, impression précise qu'j'ai de restes
attachés, sans tâche saleté, au tissu, qu'ensuite
j'l'enfuis, la serviette, dans l'bac à linge en attente d'lessive,
douceur lascive, et qu'j'sors d'l'armoire, dard-dard, une autre, proprette,
prête à l'emploi, immaculée, conception maline à
caliner ma peau, à pas, émoi, m'dégouter, au dégouli
d'l'eau, d'moi, dès l'petit matin, pas m'dégouter du gros
mâtin malin en moi.
24 de VII
J'n'suis pas verni vêtu des vertus d'une quelconque muse, en vérité
j'me tue, m'évertue, vertugadin quel gadin si j'attends d'l'inspiré
tout nu tout cru obtenu descendu du ciel miraculeux, j'm'évertue,
mets à table, fouille, tripatouille, vieux vioc d'évoqué
bloqué, et m'crispe à choquer, coller, trois quatre mots
l'un l'autre à s'rebondir, s'étourdir.
25 de VII
Clafoutis, quelle bafouille, quelle confusion cramoisie, d'rater, sorti
du four ramolli, plat plat raplapla, l'apple-pie, leçon collégienne,
la chienne, d'un anglais d'apprenti, approximatif, t'as dû mal lire
la recette m'a dit ma mère, demi rigolade, mauvaise limonade, en
effet j'dus m'prendre les pieds dans les Pounds, oursins dans les Ounces.
26 de VII
La première pollution, étrange mot, verge tendue, étrange
mot en vérité, faut pas s'étonner qu'les grands patrons,
doigts à la couture, manitous gros matous d'l'industrie, admettons
mecs qu'y en ont, soit dit en passant, c'est c'qu'on pense d'ceux qui
réussissent dans l'économie, des mecs qu'en ont entre les
jambes, faut pas s'étonner qu'ceux là, polluent sans vergogne,
parce que la première pollution, pollution avant masturbation,
c'est l'premier pas vers l'bonheur d'être homme, alors, j'propose
que nous vocabulions différemment nos premiers émois dans
lsexe si l'on veut sauver la planète d'l'effet d'serre. (Aujourd'hui,
j'fais aussi l'nécessaire pour qu'ma fée m'serre).
27 de VII
"C'était le jour béni de ton premier baiser" a
écrit cela, Mallarmé, longtemps j'ai cru, et en ail souffert,
qu'il fallait, pour être un peu poète, moi, qui ne m'en souviens
absolument pas de ce jour béni, de mon jour béni, quel soucis,
qu'il fallait un souvenir de ce genre de détail.
28 de VII
Ici confusion et éclaircissement.
Plus je pénètre l'être avant, l'être ancien,
plus j'ai le sentiment de m'approcher et de m'éloigner tout autant,
dans le même mouvement, de qui je fus sans pour autant m'éloigner
ou m'approcher de qui je suis, tant l'être avant m'est indispensable
et égal, non distant, non lointain, à l'être présent
et comme présent, inadapté à saisissement, ailleurs
que dans le mouvement très incontinu, très incontinent,
des mots, des phrases, pas plus saisisssable dans l'avant que dans le
présent. Je suis ce que je fus, que je ne peux fuir, je fus et
je suis ce que je ne pus fuir.
Mise
en web : Max TRAPIER
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