Photothèque Atelier N89 - Didier LECLERC - Denis Lanoy :
Biographie subjective de Denis LANOY, metteur en scène

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Présentation du projet de biographie subjective

Tryptik Théâtre

portrait de Denis Lanoy - Didier Leclerc, photographe Atelier N89
Huitième parution

1de VIII
Gestes, répétitions, banalisation si l'on y prend garde.

2 de VIII
Sexualité.
Ayant lu très jeune et tout à fait autodidactement "Les nourritures terrestres", je croyais que Nathanaël était un prénom féminin. Qu'on excuse mon ignorance, ma naïveté. On peut en rire, se moquer, glousser.

3 de VIII
Je toupille aujourd'hui, tournille, exagère l'exégèse, c'est qu'j'abandonne, ablationne, pour poursuivre ce soliglose, exérèse du stylographe, et m'mets à composer du bout des doigts, au clavier directement.

4 de VIII
Plaisanteries inévitables que toujours, j'ai voulu, glue que cela m'colle, éviter. Que ado, comme sac au dos trop lourd, çà m'peinait d'endurer. C'est trop dur quand cela dure. Rouge aux joues dans le meilleur des cas, fureur introvertie dans l'pire. Tout faire pour n'être jamais adulte à la plaisanterie inévitable.

photographie Atelier N89

5 de VIII
Histoire d'école.
Un bon point
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.

Une petite image.

6 de VIII
Histoire d'école. Suite.

Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.

Deux petites images.

7 de VIII
Histoire d'école. Suite.

Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.

Trois petites images.

photographie Atelier N89 photographie Atelier N89 photographie Atelier N89

 

8 de VIII
Histoire d'école. Suite.

Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point. Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.

Quatrième petite image.

9 de VIII
Histoire d'école. Suite.

Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.

Cinq petites images.

10 de VIII
Histoire ancienne. Suite.

Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.

Six.

11 de VIII
Histoire d'écolier. Suite.

Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.

Sept petites images, dans la trousse.

12 de VIII
Ecole, suite.

Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.

Huit petites images, bientôt le bout.

13 de VIII
Histoire à l'école, suite, merci monsieur Varlet.

Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.

Neuf petites images, merci monsieur Varlet.

14 de VIII
Suite et fin de l'histoire à l'école.

Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.
Un bon point.

Une grande image, c'est maman qui va être contente.

15 de VIII
Pour ouvrir l'appétit, trempée au lait, deux ans durant, à midi tapante, dans la cuisine de l'appartement de fonction, école Victor Hugo, bol en grès, c'était seventies, mais encore on pouvait s'croire en plein cinquante soixante, pas du tout près à accueillir les années deux mille, pas du tout près les instituteurs à nous préparer, il n'y avait dans toute l'école, trois appartements de fonction, cinq classes, un bureau de direction, qu'un seul téléphone, installé dans le couloir menant aux appartements, çà f'rait presque sourire, moquerie aujourd'hui, où faut inviter les élèves à penser éteindre l'cellulaire avant d'entrer en classe, pas du tout près à nous préparer dans nos ébats débats d'adultes, nous qu'avons à faire, faut voir comme, avec l'moderne, l'modem et aussi l'modèle ancien, on s'débat comme on peut, mais faut avouer qu'on s'sent mal préparé à affronter d'front, pas du tout mis en confiance par l'décalage imposé dès l'départ, comme si on n'avait rien vu venir, jamais.

16 de VIII
C'est pour c'que dit hier que j'm'efforce à rester dans l'coup, pour voir venir, que j'lis revues et documents scientifiques tout autant que littérature du jour, d'hier et d'avant-hier, pour pas être pris au dépourvu dès demain, çà va tellement fulgurant, ainsi j'm'rappelle, même si j'n'aime pas souvenir cette époque, qu'au début, presque milieu, des années quatre vingt, mes presque vingt ans, en cours de comptabilité au lycée d'enseignement professionnel, jamais on ne nous a parlé de l'ordinateur, on en était à la mécanographie, un p'tit trou, des p'tits trous, cela semble fou aujourd'hui, mais c'est du bien vrai, vécu, solide, on ne nous à pas préparer à vivre et souffrir notre monde.

17 de VIII
Du tout cuit, et du bonheur aussi, l'école en ce temps, deux années où chaque matin, j'descendais, courais, l'escalier qui menait, de l'appartement aux couloirs des classes, porte de gauche, cm 2, porte de droite, cm1, courais jusqu'à la cloche à huit trente, tirais la chaîne, puis m'précipitais, ouvrir la grille, privilège d'ouvrir, aux autres, l'accès, pour certain l'abcès, du savoir.

18 de VIII
Ecole encore. Les toilettes, âcres, sales, où un matin de fin d'année, beau temps en vérité, ciel dégagé, sans nuage, devait être environ neuf ou dix heures, nous attentions un départ en voyage, scolaire, éducatif, de fin d'année, où j'dus m'y cacher, à moitié étouffé d'avoir voulu déjà manger, si tôt, mon sandwich, savoir c'qui passe dans la tête d'un enfant, étouffé par l'épaisse tranche de jambon cru, bayonne ou auvergnat, qu'j'n'arrivais pas à découper d'mes dents, coincée entière, toute entière dans ma gorge, que l'dus extirper des doigts de l'endroit dangereux.

19 de VIII
Suite d'hier et conséquences.

C'est bien fatigué, sans doute bien blanc, que j'fis, silencieux, le voyage en car qui suivit. Nous allions, à peine inauguré, visiter le Centre Beaubourg. Je ne sais si mon aventure du matin, l'émotion, souffle coupé, du bout d'viande coincé dans l'trou d'air d'la vie m'mit en émoi, mais j'peux dire qu'j'eus, malgré l'désapoint d'mes camarades, l'dubitatif des enseignants qui nous accompagnaient, qu'j'eus pour la deuxième fois, ce jour, l'souffle court, coupé. C'est qu'ma viande s'coinçait encore, cette fois, ma viande, pas celle ingurgitée, mais ma viande, la mienne, sans qu'sache pourquoi, ni comment m'décoincer. C'est v'nu plus tard, qu'j'découvris l'passage par où foutre la main pour.

20 de VIII
Mais j'jouais au foot aussi, en club et dans la cour, étais pas un manche, et très combatif. Aux osselets également, étais pas mauvais. Aux billes, un peu moins, m'faisais quelquefois plumer, on y jouait au pot, trou creusé, de nos mains, nos pieds, dans la terre autour des platanes, un obstacle intéressant, le petit rebord arrondi, en béton, limite entre la terre, boue jour de pluie, autour de l'arbre et le macadam de la cour, fallait faire décoller la bille adroitement, d'un coup d'pouce, ha quelle chance, sec, avec prise d'élan, le pouce d'abord coincé contre l'index se transformant en une sorte de gâchette, fallait juste gaffe à pas s'râper la peau des doigts au rugueux granuleux du sol.

21 de VIII
Dans cette école, là, où j'habitais, j'avais, chance je dis, les cours pour moi tout, presque seul, le mercredi, quelquefois partagées avec un copain invité, rendu timide d'être dans l'école un jour de pas, ou plus fréquent, partagées avec les deux filles de l'instituteur des cm1, l'aînée mon âge, j'étais un peu amoureux, m'souviens qu'elle avait une petite tâche dessous l'oeil sur la joue gauche, chance je dis, d'tourner, courir, sauter, pédaler, taper l'ballon, espèce de privilège, et surtout expérience de solitude rassurante.

22 de VIII
Doit y avoir quelque chose, là, que depuis plusieurs jours, j'reste dans l'évoque de même époque. Toujours la même école. Toujours la même musique. C'est pas du tout péjoratif. Doit y avoir quelque chose, là, que depuis plusieurs jours, j'reste, dès que j'me r'tire, à écouter la même musique pour écrire qui dès que stop, je playe, s'croirait Salle Playel en répétition, re-play, re-play, s'il vous plait çà m'revient, TWENTY THREE SOLO PIECES FOR LA NAISSANCE DE L'AMOUR, all compositions written and performed by John Cale, c'est peut-être bien que, là, dans cette école, me suis, solo, mis en pièces for la naissance de l'amour, tout droit titré, attitré pas triste.

23 de VIII
Je ré-expérience, twenty three solo pieces, semble qu'çà marche, j'me revois dans une odeur de gris, à deux pas d'l'école, à droite, en sortant, vers le centre du village, le bazar, une marche à descendre pour être au niveau du plancher, un vrai, une fois poussé la porte vitrée, dong dong petite clochette, vieille aimable commerçante m'demande c'que j'veux avec un peu d'monnaie dans l' porte-monnaie, qu'mes parents m' donnaient l'dimanche soir, pour aider l'mercredi à passer.

24 de VIII
Pas d'trêve, pas plaisanter avec çà, quand filon y'a, faut exploiter, j'me calle Cale, c'est parti.
M'suis rien cassé ni contusionné, mais tous, sur l'moment l'ont cru, sans cri, faisions, un mercredi, copain invité, course chronométrée sur mon vélo, un demi-course vert, dix vitesses, de chez Manufrance, la cour, exactement les trois cours de l'école, rien que pour nous, la course étant trois tours complets des trois cours le plus rapidement possible, l'instituteur, chez qui je logeais, juge impartial, profitant de l'occasion pour apprendre à manipuler le nouveau chronomètre acheté par l'école pour diverses expériences et ne pas avoir l'air manche le lendemain devant les "petits" du CE2 en manipulant pour la première fois le nouvel instrument à mesurer le temps, arbitrait. Enfin, à fond, appui sur l'champignon, ai frôlé, affolant, de trop près un des murs de séparation des cours, y coincé la pédale gauche, moi tout aussi gauche, le vélo planté, arrêt sur place, et dans les airs, moi, chute et roule, trois quatre cinq mètres plus loin, sans rien m'faire, ni mal, ni peur, et le vélo, curieusement, lui itou intact, rien de voilé, ni même la pédale abîmée.

25 de VIII
Si passions à autre chose, c'est ritournelle, j'm'en fiche, Cale me va bien, drôlement bien, merci John, j'cale pas encore, j'ai encore des histoires dfond d'cale, j'vais pas caler, calter maintenant, j'suis un peu, rapport à mon enfance, expert calier, expert câlin du fond, j'calfreutre rien, juste, quelquefois, j'calfate pour éviter l'cafard, calembredaine, jvais quand même pas m'mettre à calculer, calmir, calmir, rester calme, j'ai l'calcif bien arrimé.

26 de VIII
J'allais chercher l'lait, pour la trempée, l'auront compris ceux qui lisent depuis plusieurs jours, j'suis en naissance de l'amour, après l'étude du soir, devoirs faits, fallait sortir d'l'école, partir à droite vers le centre du village, passer devant le bazar à l'aimable vieille et odeur de gris, continuer, tourner à droite, dans une ruelle non goudronnée et entrer dans la cour d'une ferme, gagner un appentis, s'faire servir dans l'récipient conçu tout exprès pour le transport, l'paysan, casquette, bottes en caoutchouc, l'versant à la louche, l'tirant d'un seau, souvent chaud encore, fumant, le lait, et pour payer, il y avait des minuscules pièces de un centime et aussi des trouées, en régule, de un et deux centimes, avec francisque, j'rentrais prudent, chemin inverse, prudent pour pas renverser, et prudent par jeu, m'imaginant résistant jouant à cache-cache avec gestapo et milice.

27 de VIII
17. Secret Dialogue 2:34
Deux minutes trente quatre dure le dix septième solo de John Cale.

Sur la place du village, j'ai vu un tout petit cirque, on y montrait des serpents, une chèvre et un âne qui n'était pas un vrai âne, mais un costume d'âne, que deux enfants devaient enfiler, un la tête et les pattes de devant, l'autre la croupe et les pattes arrières.

II y avait une ferme où n'étaient élevés que des sangliers, lâchés dans les forêts à l'approche de la saison de la chasse.

Le mercredi après-midi, je traversais tout le village pour me rendre au catéchisme.

Un jour, je suis allé rendre des disques de cha-cha-cha empruntés par la femme de l'instituteur chez une américaine qui habitait le village.

………18. Roma 2:46

28 de VIII
J'vais changer d'disque.

………………………IX

1 de IX

J'ai changé d'disque.


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